Solo show | Brandon Gercara
Exposition
17.10.2026 — 15.11.2026
Krazé pilé ziska féklèr
Vernissage
17.10.2026 — 15h
DS Galerie est heureuse de présenter “Krazé pilé ziska féklèr”, la première exposition personnelle de Brandon Gercara à la galerie, dont le vernissage aura lieu le samedi 17 octobre 2026. Artiste, chercheur·e et militant·e queer et décolonial·e, Brandon Gercara développe une pratique pluridisciplinaire où performance, photographie, vidéo, peinture et installation interrogent les héritages coloniaux, les récits queer et les processus de créolisation. Présentée dans le prolongement de sa première exposition personnelle en institution au Centre d’art de La Ferme du Buisson, “Krazé pilé ziska féklèr” constitue le deuxième temps fort d’un automne exceptionnel, qui se poursuivra en novembre avec la présentation du projet Conversations par DS Galerie dans le secteur Émergence de Paris Photo.
Danser pour survivre.
Danser pour transmettre.
Danser jusqu’à ce que la lumière revienne.
Avec “Krazé pilé ziska féklèr”, Brandon Gercara fait du maloya le point de départ d’une réflexion où spiritualité, mémoire et création deviennent indissociables. Plus qu’un héritage, cette pratique née dans les camps des personnes réduites en esclavage à La Réunion apparaît comme une force vivante, capable de traverser les siècles, de relier les vivants aux ancêtres et de faire émerger de nouveaux imaginaires.
En créole réunionnais, “krazé pilé ziska féklèr” pourrait être traduit par “danser jusqu’à l’aube”. L’expression fait écho à “Kraz in maloya”, qui désigne le fait de danser le maloya avec intensité, jusqu’à écraser le sol de ses pieds. Entravés par des chaînes, les corps inventent pourtant un mouvement. Cette danse devient un espace de créolisation, un accès à l’immatériel, un chemin vers les ancêtres et, le temps d’un rituel, une manière d’échapper à la douleur du monde matériel.
Longtemps réprimé par le pouvoir colonial, le maloya se pratiquait la nuit. Le mot “féklèr”, qui désigne le lever du jour, porte ainsi une double promesse : celle du retour de la lumière, mais aussi celle d’une transformation.
À travers un ensemble inédit d’œuvres, Brandon Gercara ne convoque pas le maloya comme un patrimoine à préserver. Iel l’active. Les œuvres réunies dans l’exposition prolongent cette puissance de transformation en faisant dialoguer spiritualités créoles, récits queer, héritages coloniaux et fictions contemporaines. Le rituel devient un espace où les mémoires se transmettent autant qu’elles se réinventent, où le passé n’est jamais figé mais constamment remis en mouvement. “Krazé pilé ziska féklèr” peut alors se lire comme “Anéantir les systèmes de domination jusqu’à ce que la lumière revienne”, ou encore comme “Danser jusqu’à la liberté”.
Brandon Gercara est artiste, chercheur·e et militant·e queer et décolonial·e. Basé·e à La Réunion, iel développe une pratique mêlant performance, photographie, vidéo, peinture et installation, autour des héritages coloniaux, des récits queer et des processus de créolisation. Son travail a notamment été présenté aux Rencontres de la photographie d’Arles (2025), au FRAC Réunion (2024) et à Contretype, Bruxelles (2023). Ses œuvres figurent dans les collections du CNAP et du FRAC Réunion. Plus d’infos