Group show | Clarisse Aïn, Guillaume Aubry, Hélène Bellenger, Max Blotas, Facundo Cerain Vázquez, Lou Cohen, Antoine Conde, Brandon Gercara, Vir Andres Hera, Liên Hoàng-Xuân, Rodrigo Red Sandoval, Peter Marcasiano, Marek Wolfryd, Yi Ye
Exposition
02.07.2026 — 24.07.2026
3 attendait déjà à l'intérieur du 2
Vernissage
02.07.2026 — 17h
DS Galerie est heureuse et fière de présenter le group show “3 attendait déjà à l’intérieur du 2” qui rassemble les artistes Clarisse Aïn, Guillaume Aubry, Hélène Bellenger, Max Blotas, Facundo Cerain Vázquez, Lou Cohen, Antoine Conde, Brandon Gercara, Vir Andres Hera, Liên Hoàng-Xuân, Rodrigo Red Sandoval, Peter Marcasiano, Marek Wolfryd, Yi Ye. Vernissage le 2 juillet 2026 à partir de 17h.
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Le 2 a longtemps accompagné DS Galerie.
Il était là dès le départ, avant même. Dans son nom hérité. Dans ses espaces. Dans cette manière d’envisager les œuvres par voisinage. Le 2 n’apparaissait pas comme une contrainte mais comme une possibilité. Celle d’un écart, d’une correspondance. D’une relation suffisamment proche pour faire apparaître quelque chose entre les formes ; ou plutôt une forme de proposition.
La galerie et ses préquels ont habité cet espace.
Car le 2 est habitable. On peut y construire des dialogues, y faire naître des affinités, y accueillir des contradictions.
Le 2 rapproche sans confondre.
Nous y revenons sans cesse. Il accompagne depuis longtemps notre manière d’organiser le monde, de produire du sens, de construire des récits et des systèmes de valeurs. Il distingue, rapproche, distribue les places. Il est l’une des formes anthropologiques les plus anciennes, à partir de laquelle nous pensons les relations, les appartenances et les équilibres, jusque dans les astres qui continuent de rythmer nos mythologies.
Mais le 2 trop ordonne.
Dans l’urgence du présent, dans la saturation des discours et l’affaiblissement des nuances, le monde se voit à nouveau sommé de choisir ses camps. Les récits manichéens reviennent distribuer les places. Mais ce qui bifurque, ce qui circule entre les catégories, ce qui refuse de demeurer à sa place, continue de leur échapper.
Il ne s’agit pas d’abandonner le 2.
Il s’agit de refuser qu’il devienne la seule manière de lire le monde.
Dans le pli. Dans l’intervalle.
3 était déjà là.
Dans ce qui persistait entre deux formes sans jamais leur appartenir complètement.
3 attendait déjà à l’intérieur du 2 comme une possibilité contenue dans la relation elle-même. Dans ce qui déborde de la rencontre.
Avec 3 apparaissent d’autres géographies.
Les lignes cessent de relier uniquement des points. Elles deviennent des trajectoires, des constellations, parfois des dérives. Certaines continuent longtemps après la disparition de celles et ceux qui les ont tracées. D’autres se croisent sans se reconnaître. D’autres encore semblent n’avoir ni origine ni destination, comme si elles avaient toujours été là.
Peu à peu, les récits cessent d’appartenir à celles et ceux qui les ont initiés. Ils changent de mains, de voix, de corps. Ils circulent. Les frontières entre mémoire, projection et invention se déplacent à leur tour, laissant apparaître des formes dont il devient impossible de déterminer exactement l’origine.
Rien n’est tout à fait inventé. Rien n’est tout à fait hérité.
Partout, les lignes se croisent. Celles du désir et celles du pouvoir. Celles qui organisent les villes, les récits, les économies, les appartenances. Aucune ne demeure isolée. Chacune se trouve déjà prise dans d’autres réseaux, d’autres circulations, d’autres devenirs.
Et c’est ici que nous choisissons de nous tenir : dans les récits qui maintiennent les seuils ouverts - dans les formes capables d’accueillir l’ambiguïté, le déplacement, la métamorphose. Le présent apparaît alors moins comme une époque que comme une densité.
La fiction accompagne cette densité. Elle ne l’explique pas. Elle apprend à y circuler.
Quelqu’un·e traverse la frontière sans la franchir.
Entre dans l’histoire sans y avoir été invité·e.
Change de nom à chaque rencontre.
Laisse les portes ouvertes derrière son passage.
On croit l’avoir perdu·e de vue.
Iel circule déjà ailleurs
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Texte par | Thomas Havet